Aires d’alimentation de captage

Contexte

Le Grenelle de l’environnement a débouché sur l’identification de 507 « Captages Grenelle » particulièrement menacés par la contamination par les polluants d’origine agricole (majoritairement nitrates et produits phytosanitaires), pour lesquels il convient de définir et mettre en œuvre des programmes d’action spécifiques pour protéger efficacement leur aire d’alimentation. Suite à la conférence environnementale de 2013, le nombre de captages considérés comme prioritaires a été porté à 1000.

Les premiers travaux d’identification des aires d’alimentation de captage et de définition de plans d’action ont mis en évidence une difficulté pour définir les actions les plus pertinentes par rapport aux modalités de transferts des polluants au captage, mais aussi au niveau de la méthodologie des diagnostics effectués. Ces premiers travaux se sont notamment heurtés au manque d’une méthode adaptée au cas de captages en eau de surface, ou au cas encore plus fréquent de transferts mixtes, c’est-à-dire au cas où plusieurs modes de transfert –surface/souterrain) co-existent, que ce soit dans l’espace ou dans le temps.

Guides et méthodes

Dans ce contexte,  Irstea a élaboré, à la demande de la DGPAAT (Direction Générale des Politiques Agricole, Agroalimentaire et des Territoires) du Ministère en charge de l’agriculture et la DEB (Direction de l’Eau et de la Biodiversité) du Ministère en charge de l’environnement, une méthodologie visant à délimiter les aires d’alimentation de captage (AAC) et caractériser leur vulnérabilité vis-à-vis des pollutions agricoles diffuses par les pesticides, dans le cas des captages « Eau de surface ». La caractérisation de la vulnérabilité des eaux superficielles (ESU) aux produits phytosanitaires s‘appuie sur une différenciation selon les types de transfert :

  • ruissellement hortonien
  • érosion hydrique
  • ruissellement sur sol saturé
  • écoulements hypodermiques (drainage et subsurface)
  • dérive atmosphérique

Cette méthode (Le Hénaff et Gauroy, 2011) repose fortement sur l’expertise. Elle permet d’identifier les causes de la contamination,  mais est limitée aux AAC en eaux de surface.

Un travail conjoint avec le BRGM a alors permis d’articuler les deux méthodes développées par le BRGM (Vernoux et al, 2011) pour les captages d’eaux souterraines et par Irstea pour les captages d’eaux de surface (Barrez et al, 2013), cette méthode s’est toutefois avérée délicate à mettre en œuvre.

Ce constat a poussé à développer une méthode autonome (c-a-d ne se référant plus aux méthodes existantes) (Catalogne et al, 2015). L’objectif est de fournir un ensemble de cartes de vulnérabilité pour chaque type de transfert hydrique tout en assurant une cohérence d’ensemble entre les différentes voies d’écoulement. Le principe est de caractériser l’importance relative des différentes voies d’écoulement pouvant intervenir à l’échelle élémentaire d’une parcelle ou d’une maille. Le raisonnement s’appuie sur une vision hiérarchisée des mécanismes de transferts hydriques à la surface et dans le sol. La méthode a notamment été appliquée sur l’Aire d’Alimentation de Captage des sources de la Vigne (Eure et Loir).

Probabilité de risque fort ou très fort pour les transferts par ruissellement hortonien (cas le plus défavorable en présence de battance)
Probabilité de risque fort ou très fort pour les transferts par infiltration profonde (incluant les points d’infiltration préférentielle inventoriés)
Probabilité de risque fort ou très fort pour les transferts par drainage
Probabilité de risque fort ou très fort pour les transferts par écoulements hypodermiques

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Vernoux J.F.,Barrez F., Wuilleumier A. 2011. Analyse des études de délimitation et de vulnérabilité des aires d’alimentationdes captages d’eau souterraine ≪Grenelle ≫.Rapport BRGM-ONEMA, 118 pp.